mercredi 27 juin 2007
Le yoga pour enfants
Le yoga peut être utile aux écoliers stressés, déconcentrés ou affligés de maux de tête.

Pas
facile de rester des journées entières assis sur une chaise quand on a
11 ans ! Pourtant, Jonah adore les maths. Mais après la troisième heure
de cours, il a du mal à rester concentré. Jonah est scolarisé à l’école
internationale de Munich. Il ne rentre jamais chez lui avant 16 heures.
Sans oublier tous les devoirs à faire ! Mais aujourd’hui, c’est
mercredi…
Et comme tous les mercredis, Jonah se rend à son cours
de yoga en compagnie de son ami Jonas. Le plus âgé du groupe a 15 ans,
le plus jeune en a 9. Tous ces enfants sont stressés à cause de
l’école. Ils sont tendus, nerveux. Mais ils souffrent, avant tout, de
troubles de la concentration. Le yoga peut s’avérer très utile aux
écoliers stressés, déconcentrés ou affligés de maux de tête.
Pour
l'animatrice Doris Iding, la maîtrise de la respiration constitue la
clé de voûte des cours de yoga pour enfants: "La plupart des enfants se
mettent très tôt à respirer de façon superficielle. A la naissance,
l’enfant a généralement une respiration naturelle. Elle est ancrée
profondément dans le bas-ventre. Mais les enfants sont exposés très tôt
au stress et leur respiration devient, peu à peu, beaucoup plus
superficielle : ils respirent uniquement avec le haut de la cage
thoracique. On perd alors l’effet relaxant et décontractant."
Mais
les enfants doivent avant tout s’amuser. C’est la raison pour laquelle
les cours pour enfants sont beaucoup plus ludiques que les cours pour
adultes. Les exercices ne portent pas de noms sanskrits. Ici, on
préfère parler de "lion rugissant" ou de "fleur de lotus". Tous les
noms sont inspirés de la nature. Cela a un impact très positif sur les
enfants. Doris Iding a même remarqué que les enfants avaient gagné en
assurance grâce au yoga, et qu'au bout de deux ou trois mois, ils
arrivaient à obtenir de meilleures résultats scolaires.
Les
asanas, c’est-à-dire les postures de yoga, sont plutôt complexes pour
des enfants. Mais, en raison de leur grande souplesse, ils ont
généralement plus de facilité que les adultes à faire certains
exercices. En revanche, ils tiennent moins longtemps.
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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 19 septembre 2006 à 14h00
Rediffusion du 11 novembre 2005
Rédactrice en chef : Birgit Engel Une coproduction BR -ARTE G.E.I.E.
http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/hippocrate/1000628.html
dimanche 24 juin 2007
Alerte à la surchauffe informatique
LE MONDE | 23.06.07 | 14h24
e seront les zones industrielles du XXIe
siècle, sans ouvriers et reliées par fibre optique. Elles commencent
tout juste à s'étendre près des grands barrages hydroélectriques du
nord-est des Etats-Unis. Bientôt, elles pourraient encercler les
centrales nucléaires en construction dans les pays émergents. Sur des
milliers d'hectares, ces complexes concentreront la puissance de la
nouvelle industrie dominante : l'informatique en ligne. Dans leurs
blocs de béton, hermétiques aux curiosités du monde extérieur, les
conglomérats du Web triomphant, les Google, Microsoft, Yahoo ! ou
Ask.com, entasseront des dizaines de milliers de serveurs, capables de
mémoriser des milliards de mails, textes, films, musiques et de les
retrouver en un clin d'oeil.
Pourquoi chercheront-ils à placer ces usines réinventées si près de sites de production électrique ? Parce que les lois de la physique ont commencé à rattraper un secteur économique qui prétendait les avoir abolies. Entre 2000 et 2005, la consommation électrique des centres informatiques a doublé, atteignant 45 milliards de kilowattheures, soit un total annuel de 7,2 milliards de dollars à l'échelle de la planète. Aux Etats-Unis, cela ne représente encore que 1,2 % de la consommation nationale, selon une récente étude publiée par un chercheur de Berkeley (Californie). Mais si rien ne vient corriger la tendance, la consommation totale des serveurs aura progressé de 76 % en 2010. Et encore, cette étude, financée par le fabricant de microprocesseurs AMD, ne donne sans doute qu'une estimation minimale de l'ampleur de cette explosion. Elle ne prend pas en compte les derniers centres de Google, dont la population exacte des serveurs, aux alentours de 450 000 unités, est tenue secrète.
"Notre cher ordinateur fait partie des appareils les plus inefficaces jamais inventés, écrit le spécialiste Timothy Prickett Morgan. Le plus gros de l'électricité qui le nourrit est relâché sous forme de chaleur, de bruit et de lumière." Selon Urs Hölzle, vice-président de Google, "un PC gâche environ la moitié de son énergie, et un serveur en gaspille un tiers". Longtemps, cette dépense en pure perte est passée inaperçue dans les budgets des centres de données. Le monde de l'informatique suivait aveuglément la loi de Moore : la puissance de calcul doublait tous les ans, ou presque, le coût des composants ne cessait de baisser. L'inefficacité énergétique des systèmes n'inquiétait personne.
C'est désormais une priorité, et pas seulement à cause de la hausse du prix de l'électricité. Dans leur incessante miniaturisation, les processeurs ont approché leurs limites physiques, ce qui se traduit par un échauffement intense. Depuis quelques années, leurs constructeurs ont dû les diviser en puces "multicoeurs" pour éviter qu'ils n'atteignent la température du Soleil vers 2015.
Dans les centres de données, où le nombre de serveurs n'a cessé d'augmenter, la chaleur ne s'est pas réduite pour autant. Les dépenses de climatisation ont encore accru le montant de la facture d'électricité. Le phénomène a été amplifié par le recours massif des mastodontes du Web à des appareils bon marché, beaucoup moins économes en énergie que les calculateurs hauts de gamme. Bientôt, l'acquisition d'une de ces machines à prix cassés sera moins onéreuse que son utilisation durant une seule année.
Avec plusieurs coups d'avance, Google tente de contourner la difficulté par la géographie. L'entreprise vient d'édifier dans l'Oregon, au bord du fleuve Columbia, le précurseur des grands centres de données à venir, avec leurs dispositifs d'évacuation de l'air chaud bien visibles. En amont du site, un barrage hydroélectrique fournit aux ordinateurs une source d'approvisionnement ininterrompue et bien moins chère que dans les centres urbains. Bientôt Microsoft et Yahoo ! implanteront leurs propres installations près d'autres barrages, plus au nord.
Mais ces mastodontes savent bien que cette course à l'énergie n'apportera pas de solution de long terme. Sans autre effort, le mal ne fera que croître. Aux usines de l'information finiront par s'agréger les serveurs externalisés des banques, avides d'une puissance de calcul dont elles commencent à trouver la facture excessive dans leurs locaux en centre-ville. Ces déplacements massifs vers barrages et centrales seront à l'origine de substantielles économies mais aussi de redoutables effets d'image.
Ceux-ci risquent d'associer brutalement les entreprises venues d'un monde virtuel aux difficultés les plus brûlantes du monde réel : la surconsommation d'énergie, les rejets de gaz à effet de serre et la contribution au réchauffement de la planète. Aux protestataires qui pourraient un jour se rassembler devant leurs enceintes grillagées, ces firmes ne pourront pas toujours répondre que le réseau mondial finira par réduire les voyages en avion, de colloques en réunions, ou que la vente en ligne a fait régresser les déplacements de proximité.
De fait, c'est l'ensemble des acteurs de l'informatique qui cherchent dès aujourd'hui à ne pas être accusés de gaspillage généralisé. Les poids lourds du secteur viennent de se rassembler dans une association environnementale commune (The Climate Savers Computing Initiative) pour trouver les moyens de rendre les ordinateurs plus économes, moins polluants. Google met aussi en avant son action en faveur de l'énergie solaire, en développant une batterie de panneaux qui fournira 30 % de l'alimentation de son siège californien de Mountain View.
Au-delà de ces annonces médiatisées, chacun s'efforce dans son domaine d'apporter sa part de solution. Les fabricants de processeurs ou de serveurs veulent concilier hausse de la performance et lutte contre chaleur et consommation. IBM vient ainsi d'annoncer la conception de puces dotées de milliards de microtrous qui faciliteront la circulation du courant et donc limiteront pertes et échauffements. Les spécialistes de la climatisation affirment qu'il faudra bientôt abandonner l'air soufflé pour passer au refroidissement par des fluides.
"Au moment d'acheter du nouveau matériel, le coût de sa consommation électrique est en train de s'imposer comme un critère plus déterminant que la puissance de calcul", dit François Bourdoncle, PDG du moteur de recherche Exalead. Pour autant, cette prise de conscience ne produira que des effets limités si le secteur ne change pas de philosophie, insistent nombre d'experts. Si l'informatique ne renonce pas aux mauvaises habitudes de ses années d'abondance pour revenir à "l'ordinateur frugal" de ses débuts, selon le bloggeur spécialisé Nicholas Carr. "Les serveurs utilisés par une entreprise unique ne fonctionnent que de 10 % à 30 % de leurs capacités", écrit-il. Cette sous-utilisation, liée au fait que les machines ne sont dédiées qu'à un seul programme, est la principale cause des gaspillages croissants.
Plusieurs procédés complexes ont été imaginés pour permettre aux serveurs de travailler sur plusieurs programmes à la fois, optimisant ainsi le rendement de centres informatiques jusqu'à 80 %. Une manière d'attendre plus confortablement que la loi de Moore atteigne un jour une limite infranchissable, et que l'invention révolutionnaire d'un autre moyen de calculer transforme les centres de données géants en nouvelles friches industrielles.
Jérôme Fenoglio
Article paru dans l'édition du 24.06.07 

samedi 23 juin 2007
La méditation de shiné
La méditation de shiné par Lama Guendune Rinpoché
Le propos de la pratique de la méditation est d'atteindre à une vision directe de la nature de l'esprit. Afin d'y parvenir, le méditant doit tout d'abord acquérir un certain contrôle de son esprit, et être capable d'en apaiser les perturbations et de le maintenir en l'état de calme mental.
C'est le but de la pratique de Shiné {en. sanskrit, samatha), première étape du chemin de la méditation. Dans le texte : " L'océan du sens certain ", du 14ème Karmapa Tek Tchok Dorjé, on trouve cette définition ; Zhi : (paix) pacification des émotions. Nés : (demeurer) établi en cet état.
C'est en s'appuyant sur ce texte que Guendune Rinpoche a donné l'enseignement qui suit.
Les conditions du succès
Lama GuendunePour pratiquer Shiné et Lhaktong, (la vue pénétrante : l'étape suivante sur le chemin de la méditation, la stabilisation de l'esprit servant de tremplin pour voir directement la nature de l'esprit), on doit commencer par prendre le contrôle de l'esprit. A cet effet, on s'appuie sur les 4 préliminaires spéciales, qui sont les conditions nécessaires du succès.
La première est dite causale car elle est l'élan de base qui permet de méditer. La seconde est appelée principale car elle est la plus importante. Ensuite vient la condition mentale qui traite des vues de base de la méditation enfin, la condition immédiate, ainsi nommée car elle intervient au moment même de la pratique de la méditation.
La condition causale
Elle consiste à se libérer de la saisie des choses comme réelles et à être sans attachement ; pour cela il est nécessaire de rejeter complètement l'activité mondaine. La progression vers cet état fait l'objet des préliminaires ordinaires qui permettent d'apprécier la valeur de cette vie humaine et la difficulté qu'il y a à l'obtenir.
A travers la méditation sur l'impermanence, on en vient à comprendre que cette vie finira tôt ou tard - quand, on ne peut le prédire - qu'elle est comme la rosée du matin et qu'après notre mort seul le Dharma pourra nous venir en aide. Par cette réflexion on reconnaît l'inutilité d'amasser la richesse et les possessions matérielles et de s'efforcer de garder ses amis et d'attaquer ses ennemis. Par contre, en concentrant son esprit sans distraction sur des choses qui ont un sens pour les vies futures, on discipline son caractère, on gagne une compréhension de ce que représente le samsara et une véritable renonciation se fait jour.
Lorsque notre seule préoccupation est devenue l'atteinte de l'Illumination, nous devenons sans une ombre d'attachement et de saisie et toute activité mondaine ordinaire se révèle superflue. Même en ce qui concerne le Dharma, des activités telles qu'écouter de nombreux enseignements, débattre et discuter ou pratiquer de nombreux rituels ou récitations de mantras, devraient être abandonnées pour se retirer dans un endroit isolé où on se livrerait uniquement à la méditation sans être concerné par aucune autre activité.
Pourquoi devons-nous agir ainsi ?
Pour connaître un état de méditation authentique, il est nécessaire de discipliner son esprit ; si nous sommes constamment agités extérieurement et intérieurement, la méditation pure et parfaite ne peut se développer.
La condition principale
Le chemin suprême conduisant à la réalisation du Mahamoudra repose entièrement sur la grâce du lama, par conséquent on doit se relier fermement à un ami spirituel parfait. Il en est quatre sortes :
le lama de lignée, le lama tel qu'il est décrit par les instructions du Bouddha, le lama symboliquement représenté dans la manifestation et le lama ultime.
Le lama de la lignée
Le 1er KarmapaC'est celui qui est dépositaire des instructions orales et des méthodes de méditation d'une lignée authentique qui prend sa source dans le Dharmakaya Dorjé Chang et s'est perpétuée en une continuité ininterrompue jusqu'à ce jour. L'influence spirituelle véhiculée par la lignée ne doit pas avoir été altérée, les liens sacrés doivent avoir été maintenus intacts, de sorte que la bénédiction se transmette à travers tous les membres de la lignée de façon continue comme les perles d'un rosaire réunies par un fil d'or tout comme l'eau d'un vase est complètement et entièrement transvasée dans un autre, sans qu'une seule goutte soit perdue.
Un tel lama, lui-même complètement réalisé, est à même de transmettre cet héritage à son disciple, lui permettant de l'expérimenter et de le réaliser lui-même. Ce n'est que par le lama de lignée que peut s'embraser la flamme de l'expérience chez le disciple, comme on allume une bougie à une autre.
Le lama doit aussi être capable de faire naître la sagesse et la connaissance chez les autres par sa vision de la réalité ; il doit savoir que c'est sur la base de la pensée conceptuelle que la connaissance véritable peut être atteinte, par la reconnaissance que les pensées sont des alliés à transformer en sagesse ; il doit pouvoir également transformer en énergies bénéfiques toutes les circonstances défavorables, les forces obstructrices, les obstacles, etc., qui peuvent survenir.
Toute l'illusion vient de la non-reconnaissance de la pensée conceptuelle. Connaissant sa nature, nous réalisons qu'elle est sagesse et qu'elle peut nous aider à progresser sur le chemin jusqu'à ce qu'aucune illusion ne demeure. Celui qui ne s'attache pas aux concepts mais les connaît comme étant la sagesse primordiale, n'est jamais limité par l'univers : il est pareil à une étincelle qui tourbillonne dans le ciel, II faut se mettre en quête d'un lama possédant de telles qualités et, quand on l'a rencontré, avoir pour seule préoccupation la foi et la dévotion qu'on lui témoigne, et s'en remettre a lui complètement.
Un tel être est celui que Naropa appelle "un lama authentique détenteur de lignée".
Le lama tel qu'il est décrit par les instructions du Bouddha
Quand on a reçu des explications orales et les instructions pratiques du lama, on peut développer la confiance véritable. Il est alors possible de confronter ses propres expériences et les instructions du lama avec l'enseignement du Bouddha tel qu'on le trouve dans les textes et les commentaires toujours avec un grand respect de ce qui y est dit. Ainsi, on peut continuer la pratique en accord avec la compréhension acquise. "D'abord, s'en remettre au lama ; puis s'appuyer sur les textes", c'est-à-dire : d'abord demander au lama les instructions, puis les mettre en pratique, enfin consulter les textes pour voir si l'expérience de la méditation correspond à ce qu'ils décrivent. Il est alors possible de revenir poser des questions au lama pour poursuivre la méditation en accord avec sa réponse.
Le lama symboliquement représenté dans la manifestation
Chaque fois que l'on est en contact avec l'élément terre, on doit se rappeler que, puisque le lama est la sphère des phénomènes, le support qui permet le développement de toutes les qualités, à cet égard il est comme la terre. De cette façon, l'élément terre peut nous aider à progresser le long du chemin.
L'eau nous rappelle le flot continu de son activité ou "l'humus" de son amour et de sa compassion. C'est l'eau comme ami spirituel.
Par la force du souffle de l'expérience et de la réalisation du lama, nos émotions perturbatrices et notre ignorance sont purifiées, comme le vent balaye la poussière.C'est le vent comme ami spirituel.
Libre de tous les voiles de ce qui est ou ce qui n'est pas, le Dharmakaya omnipénétrant ; ainsi le ciel devient un ami spirituel.
Une telle approche nous révèle que tous les éléments et les composés de ces éléments peuvent être reconnus comme le lama et qu'alors l'expérience de la manifestation devient l'expression symbolique du lama.
Le lama ultime
Lorsque le lama nous a montré notre esprit comme étant le Dharmakaya, puis, qu'en ayant eu la vision directe, nous stabilisons cette expérience, alors cette réalisation de la nature de la réalité devient notre lama ultime.
De ces 4 lamas, le plus important est le lama de lignée ; ce n'est que lorsqu'il nous a montré la réalité sans erreur que nous pouvons cheminer vers la réalisation.
La condition mentale
Ne développez pas d'idées fixes sur l'esprit et la méditation, telles les idées associées aux différentes écoles de pensée. S'attacher à un point de vue particulier, le développer et le défendre empêche de voir la véritable réalité du Mahamoudra. Le Mahamoudra ne contredit aucun point de vue, plutôt il les englobe tous : C'est la réalité originelle du Dharmakaya, sans faille, parfaite, transcendant toute relativité, l'esprit essentiel libre de projections, la sphère de manifestation telle qu'elle est réellement. C'est la confiance en cela qui est nécessaire, car c'est cela dont nous avons besoin pour pratiquer. A travers une telle pratique, nous réalisons que toutes les pensées sont la manifestation de l'esprit lui-même, et, loin de les abandonner, nous les réalisons comme étant les 4 Kayas : pratiquer ainsi est la condition mentale.
La condition immédiate
Lorsque l'on pratique la méditation du Mahamoudra, on ne doit pas penser : " Je devrais méditer comme cela et non comme ceci ; faire cela et non ceci, etc." Elle doit être approchée l'esprit ouvert et surtout sans aucun espoir de méditer " bien " , ni aucune peur de l'échec.
Libre de telles projections, détendu, l'esprit reposant en lui-même, telle est la condition immédiate du succès.
LES ATTITUDES ESSENTIELLES DU CORPS ET DE L'ESPRIT
Attitudes essentielles du corps
" Lorsque le courant des énergies est stabilisé de façon juste dans le corps, la réalisation s'élève dans l'esprit ".
Une fois acquis le contrôle de l'esprit par la pratique des 4 conditions nécessaires au succès, le méditant en vient au cœur de la pratique de stabilisation de l'esprit.
Tout d'abord, il lui faut apprendre les points essentiels de la posture physique puis recevoir les instructions concernant les bases de l'attitude mentale à appliquer lors de la session de méditation.
La posture physique spécifique à la pratique de Shin-eh est appelée " Posture en 7 points", qui se détaille ainsi :
1. Les jambes doivent être croisées dans la position du lotus complet.
2. Les mains, paumes en l'air, reposent à 4 doigts sous le nombril dans le " geste de la méditation" . Les pouces pressent la base de l'annulaire ; les mains sont pliées au niveau du poignet et exercent une légère poussée sur le dessus des cuisses, à la jonction des jambes et du tronc.
Ceci est dû à la présence des " veines " d'énergies subtiles cheminant dans le corps qui véhiculent le flux des perturbations émotionnelles.
En prenant la posture correcte, la circulation des énergies se trouve empêchée par l'obstruction réalisée sur les " veines ", opérant un effet similaire sur l'esprit et permettant de connaître une méditation libérée des influx émotionnels. Deux points importants de ces canaux d'énergie sont localisés, l'un à la base de l'annulaire, et l'autre à la jonction des cuisses et du tronc.
Les bras doivent être tendus, les coudes rentrés de façon à ce que la partie supérieure du bras soit tournée vers l'extérieur et que l'avant-bras soit dirigé vers l'intérieur, comprimant ainsi les côtés de la cage thoracique où circulent d'autres " veines ". Afin de permettre au corps de supporter l'extension des bras, il est d'usage d'utiliser un coussin de méditation dont l'épaisseur doit être celle d'un poing.
3. Les épaules doivent être comme les ailes d'un vautour, c'est-à-dire haussées droit et vers l'extérieur, ni voûtées tombantes vers l'avant, ni tirées en arrière.
4. La gorge doit former un crochet ; le menton rentré vers le larynx sur un plan parfaitement horizontal, sans laisser la tête pencher vers l'avant ou l'arrière. Ceci comprime le flux énergétique des 2 "artères" situées de chaque côté du cou.
5. La colonne vertébrale doit être dressée comme une flèche, c'est-à-dire que l'on doit s'assurer que le dos est complètement étiré, ne pouvant ainsi pencher d'un côté ou de l'autre ni s'incliner vers l'avant ou l'arrière. En pratique, cela provoque un mouvement de la poitrine vers l'arrière alors que l'abdomen vient vers l'avant.
6. Les yeux doivent être mi-clos, le regard dirigé vers le bas à 4 doigts de la pointe du nez, sans cligner, ni errer alentour.
7. La mâchoire doit être détendue, les lèvres ni écartées ni pressées l'une sur l'autre, la langue reposant contre le palais, ce qui ralentit la sécrétion salivaire.
(Note du traducteur : II est conseillé de se faire démontrer la posture auprès d'une personne qualifiée plutôt que d'essayer par soi-même.)
Si l'on parvient à verrouiller le corps dans cette posture, la stabilité mentale apparaît et le mouvement désordonné des pensées cesse automatiquement ; exactement comme lorsque l'on ferme à clé la porte d'une maison, personne n'y pénètre.
Une fois l'esprit dissous en l'état non-conceptuel, on en vient à réaliser la Sagesse Primordiale Née d'Elle-même, la Vision Pénétrante (Lhaktong) ; mais pour qu'il en soit ainsi, il est nécessaire d'avoir un esprit stable, ce qui est le fruit de la posture.
Dans la position complète, le corps est complètement étiré et il en est de même pour les " veines " d'énergies subtiles, ce qui amène ces énergies à se rassembler dans l'Artère Centrale avec pour effet la stabilité et le contrôle de l'esprit. Ces énergies subtiles sont les " montures " chevauchées par les pensées ; donc contrôler ces énergies revient à maîtriser les pensées et stabiliser l'esprit. Ceci est appelé utiliser l'énergie subtile pour contrôler l'esprit.
II est également possible d'utiliser l'esprit pour contrôler l'énergie subtile avec le même résultat : en laissant reposer l'esprit dans son état non façonné, le mouvement des pensées s'apaise de lui-même, les courants d'énergies subtiles se regroupant en la Veine Centrale. Ces 2 méthodes jouant de l'interdépendance de l'esprit et des énergies subtiles furent introduites par Saraha et Naropa.
Pourquoi est-il nécessaire que les jambes soient dans la posture du plein lotus ?
Dans cette position, le "souffle descendant-évacuant" se rassemble en l'Artère Centrale empêchant l'apparition des émotions liées à la jalousie de troubler la méditation.
De même, la position des mains dans le geste de la méditation - 4 doigts sous le nombril - permet aux énergies subtiles liées à l'élément eau, de se rassembler en la Veine Centrale, pacifiant ainsi la colère.
Le dos dressé comme une flèche et les épaules comme les ailes d'un vautour rassemblent en l'Artère Centrale les énergies subtiles liées à l'élément terre, prévenant la torpeur.
Le cou en crochet provoque le rassemblement des énergies de l'élément feu, calmant ainsi le désir.
Le regard dirigé vers le bas, sans cligner, à 4 doigts de la pointe du nez, et la langue reposant contre le palais, recentrent l'énergie subtile de l'élément vent, apaisent l'orgueil et aiguisent l'attention.
Ainsi la clé de l'esprit, ce sont les énergies subtiles ; la clé des énergies subtiles, ce sont les " veines " dont le contrôle dépend de la position des yeux c'est donc le point primordial : Lorsque l'on apaise l'esprit par la pratique de la méditation de Shiné, le regard est dirigé vers le bas, de façon détendue, aidant ainsi à stabiliser l'esprit. Pour la pratique de la méditation de la vision pénétrante (Lhaktong), les yeux regardent directement en face (sur un plan horizontal). Dans la méditation du Mahamoudra où l'on identifie l'esprit avec l'infinitude de l'espace, le regard est tourné vers le ciel.
Par l'observance de ces 7 points de la posture physique, les 3 poisons mentaux disparaissent automatiquement. L'aspect fondamental de cette posture est le regroupement de toutes les énergies subtiles en l'artère centrale stoppant tout processus conceptuel et laissant l'esprit dans un état de clarté et de non restriction en lequel les expériences de la réalisation peuvent se manifester rapidement.
Lorsque le corps ne peut conserver la posture, soit qu'il se voûte, soit qu'il penche, les pensées envahissent l'esprit et le méditant en perd le contrôle. Ainsi, si le corps s'incline vers la droite, le pratiquant connaît tout d'abord une clarté de la méditation, qui va se trouver rapidement remplacée par l'émotion de la colère et l'on s'expose à la menace des démons royaux.
Si le corps a tendance à pencher vers la gauche, apparaît une expérience initiale de Félicité qui se transforme très vite en désir violent et l'on tombe sous l'influence des démons féminins et nagas.
Courbé vers l'avant, le dos s'arrondit et forme une bosse ; il s'élève tout d'abord une qualité de non conceptualité qui laisse place à la torpeur, donnant prise a l'activité des influences négatives des divinités de la terre, etc. En particulier, lorsque l'esprit se détourne de sa méditation pour s'attacher à une situation extérieure - par exemple : si deux personnes tiennent une conversation à proximité du méditant, si celui-ci laisse prise à l'irritation, vont s'élever en l'esprit conscience de soi et colère vers les autres. Ce genre de situation provoque de nombreuses déviations de la méditation causées par la perturbation de l'énergie subtile " maintenant la vie ".
La tendance du corps à partir vers l'arrière se traduit par une expérience de vacuité spontanée, à laquelle succède l'orgueil, racine de toutes les émotions, et l'on tombe sous l'emprise de tous les types de maras mentionnés plus haut, l'esprit étant très instable, empli de pensées discursives.
Il est donc d'une importance extrême de maîtriser cette posture qui prévient toutes les déviations et développe toutes les qualités de la méditation.
MarpaCe que soulignait Marpa :
- "Si l'on faisait une pile de toutes les instructions spirituelles existant au Tibet, mes instructions sur la posture de la méditation la dépasseraient de la tête et des épaules."
Si la posture se révèle difficile au début, il convient de se familiariser avec et de s'y entraîner progressivement. Dés que vous avez un moment de libre, mettez-vous en position ; commencez par 3 mn, par exemple, puis graduellement, allongez la durée selon vos possibilités, 5 mn, 10 mn et ainsi de suite.
Lorsque l'on parvient à garder la position pendant une longue période, les éléments internes du corps retrouvent leur équilibre : la longévité s'accroît, les maladies antérieures guérissent, celles à venir sont évitées, et par la force croissante des énergies subtiles, le corps se sent bien et à l'aise.
Si les jeunes peuvent s'habituer rapidement à la posture, c'est souvent plus difficile, voire même impossible pour les plus âgés, même avec temps. C'est pourquoi il est conseillé de prendre une position plus facile, l'essentiel étant de garder le dos le plus droit possible. Lorsqu'on ne tient pas la posture complète, il est souvent préférable de diriger le regard en face de soi ou même légèrement relevé : un dos courbé couplé avec un regard plongeant rendent très vite l'esprit sombre et endormi ; garder une vision plus relevée permet à l'esprit de rester frais et conscient.
En pratique, dès que l'on sent l'esprit envahi par la torpeur ou l'assoupissement, il faut relever les yeux et identifier l'esprit avec l'ouverture du ciel ou de l'espace ; ceci a pour effet de dissiper la torpeur et ravive la clarté et luminosité de l'esprit.
Une fois l'esprit calme et stabilisé, regardez directement devant vous, il n'est plus nécessaire alors de poser l'esprit par un regard vers le bas ni de le rafraîchir en relevant les yeux. Ne soyez pas rivés à une position des yeux, mais vouloir méditer, et simplement demeurer détendu et sans attachement dans l'ouverture et la clarté.
Une fois la méditation quelque peu affermie, on devrait alors entretenir, sans s'en détourner, la même expérience de la clarté et de la vacuité non référentielles dans notre activité quotidienne. D'abord, on maintient l'expérience le temps d'un repas, d'une tasse de thé, de réciter un OM MANI PADME HOUNG ou de faire trois pas - le temps que l'on peut, avec une attention non distraite. Ensuite, on s'exerce à demeurer dans la clarté et la vacuité quelles que soient les circonstances auxquelles on est confronté, même si l'on se trouve face à des dangers plus ou moins importants.
"Si l'esprit est libre d'interférences, il est lumineux ; si on ne trouble pas l'eau elle est claire ." Gampopa.
En effet, un esprit libre d'attachement et reposant dans son état naturel, sans que lui soit imposée l'idée de méditer, demeurera clair, de la même manière que le soleil brille intensément si aucun nuage ne le voile. En cet instant, nos esprits sont emplis d'anxiété, Pourquoi ? Car nos 6 sens sont obstrués ; si nous pouvions les laisser fonctionner naturellement et sans obstacle, il n'y aurait aucune quête, aucune anxiété, ni aucune frustration, et nous pourrions demeurer libres et détendus dans un état de non-attachement. Donc que vous méditiez ou que vous accomplissiez des tâches quotidiennes, laissez votre esprit détendu, naturel et sans effort.
Qu'est-ce que l'esprit ?
C'est ce qui pense, réfléchit, se souvient, etc. Cependant la nature véritable de l'esprit est au-delà des idées qu'il projette.
Vous ne trouverez pas l'esprit en le cherchant ; vous ne le verrez pas en le regardant ; si vous l'examinez vous n'arriverez à aucune conclusion ; si vous tentez de le saisir. vous ne le tiendrez pas ; si vous voulez le repousser il ne s'en ira pas ; si vous le posez il ne restera pas ; si vous tentez de le combiner il ne se combinera pas , la division ne le divisera pas ; la séparation ne le séparera pas ; vous ne le connaîtrez pas en l'examinant ; vous ne le réaliserez pas en l'expliquant ; il ne peut être démontré par aucun exemple ; il ne peut être réduit par ce que vous mettrez dessus ; quel que soit le nom que vous lui donnez, vous n'aurez pas tort.
De quoi a-t-on besoin pour le réaliser ?
On a besoin de la foi, de la confiance et de la grâce du lama.
Comment peut-on pratiquer ?
Ne chassez pas consciemment les pensées, ne les supprimez pas à dessein ; ne vous maintenez pas de façon délibérée en équilibre méditatif ; n'expulsez pas les idées, ne les poursuivez pas aussitôt que vous en prenez conscience, ne commencez pas à les décortiquer ; extérieurement ne vous attachez pas à la vacuité sans objet comme à quelque chose de substantiel ; intérieurement, ne vous attachez pas au mouvement sans fondement de la pensée comme à quelque chose d'erroné, ne vous laissez entraîner ni par l'apparence ni par la vacuité.
Gardez votre conscience telle quelle et non façonnée, sans attachement à la substantialité : libre d'efforts, fluide, non-née, non obstruée, non obscurcie, sans qu'il ne reste quoi que ce soit d'un objet extérieur ou d'un esprit individuel à l'intérieur.
" Si on relâche la tension qui emprisonne l'esprit, il est sûr qu'on se libérera. "
" Laisse la conscience reposer telle qu'elle est sans la déranger ; le Noble Chemin ne sera jamais parcouru par un esprit artificiel ". Saraha.
Si on laisse reposer l'esprit dans son propre état non façonné, les pensées très actives s'arrêtent, des expériences de clarté et de vacuité apparaissent, on devient attentif à la bonté du lama, on se sent heureux et l'esprit n'est plus préoccupé du samsara ; ce sont les signes que l'esprit est devenu calme et qu'on peut pratiquer Shiné. Au fur et à mesure que la capacité de méditer s'accroît, il devient de plus en plus possible de méditer, le corps et l'esprit heureux et lumineux, et tout est ressenti comme un océan qui à la clarté du cristal et que le vent ne trouble pas ; on n'a plus la conscience du corps, de l'esprit et du monde extérieur comme entités séparées ; et on se sent tellement à l'aise que l'on perd la notion du temps et qu'il devient possible de demeurer en méditation pendant de longues périodes, sans inconfort. Pouvoir s'absorber complètement dans cet état est le samadhi de Shiné.
Garder l'esprit
II existe différentes méthodes qui permettent de maintenir l'esprit dans un état de stabilité : on peut soit utiliser un objet comme point de référence pour l'esprit, soit maintenir la stabilité sans aucun point de référence, ou encore utiliser la respiration comme une aide.
On peut utiliser pour méditer un objet extérieur ou prendre comme support son propre corps ; les objets extérieurs sont appelés purs ou impurs et les objets impurs peuvent être grossiers ou subtils.
S'il s'agit d'un objet impur grossier, asseyez-vous dans la posture correcte, le regard dirigé devant vous. L'objet peut être un pilier, un mur, une colline, etc., ou tout simplement ce qui se trouve dans votre champ de vision à ce moment-là. Laissez votre attention reposer imperturbable et sans distraction sur l'objet, sans suivre aucune des idées qui s'élèvent dans l'esprit ; laissez simplement votre esprit reposer paisiblement et confortablement sur l'objet.
N'essayez pas de considérer sa forme ou sa couleur, mais soyez seulement conscient de sa présence. Il n'est pas nécessaire d'évaluer l'objet comme étant bon ou mauvais, il n'est que la manifestation illusoire de l'esprit ; laissez l'esprit se détendre sur cet objet.
Au cours de longues sessions de méditation, l'objet peut grossir ou rapetisser, devenir lumineux ou tremblotant, ou bien vos yeux se fatiguent et se mettent à couler. Si cela se produit, abandonnez l'objet et relevez les yeux vers le ciel, détendez-vous et laissez votre conscience se fondre dans l'étendue du ciel.
Les objets impurs subtils peuvent être : un caillou, un morceau de bois, tout ce qui est compris entre la taille d'un doigt et celle d'un poing. Disposez l'objet en face de vous dans le point de mire du regard (par exemple sur une tablette) et appliquez votre attention sur l'objet à la fois naturellement et aisément, mais sans distraction, sans que d'autres pensées s'imposent. Dans cette catégorie d'objets de méditation, le préféré de Rinpoché est un verre propre rempli d'eau claire comme du cristal. Placez-le en face de vous, dans le champ de la lumière ; la transparence de l'objet de méditation a un effet très bénéfique sur l'esprit ; lorsque l'esprit s'unifie avec elle, il est possible d'avoir l'expérience spontanée de clarté et de vacuité plus facilement qu'avec des objets plus ternes et plus solides ; on peut ainsi unir complètement corps et esprit dans la clarté lumineuse du verre et de l'eau, ce qui purifie le corps et l'esprit. Il arrive souvent que des personnes qui pratiquent la méditation le fassent en essayant de contenir strictement leur esprit à tel point qu'ils se compriment complètement physiquement. L'utilisation du verre et de l'eau permet de surmonter ce genre de tendance ; quel que soit l'objet qu'on choisît, il est important de ne pas y river le regard car cela ne fait qu'agiter l'esprit.
Laissez plutôt votre esprit s'établir naturellement sur l'objet, sans vous en détourner, ni réfléchir à sa taille, couleur, forme, etc. Il ne faut pas non plus critiquer le processus de la méditation en pensant ; "Je suis en méditation, je ne suis plus en méditation, je ne médite pas bien, etc." Quand l'esprit peut demeurer stable sur l'objet, laissez-le fondre dans la clarté et vacuité sans plus dépendre de l'objet, ce qui permet d'amener l'esprit à la stabilité sans support: Rappelez-vous que de tels objets n'ont pour but que d'aider à demeurer stable. Par cet entraînement, l'esprit se stabilise sans avoir besoin d'un objet quel qu'il soit.
Pour stabiliser l'esprit au moyen d'un objet pur, on utilise une statue du Bouddha. Il y a d'innombrables avantages à se servir d'un tel support, car pendant une telle méditation, on reçoit les bénédictions du Bouddha qui nous rendent véritablement capables de voir la nature de notre propre esprit.
Placez une statue du Bouddha Sakyamouni sur une table devant vous, à un bras de distance, dans l'angle correspondant à la méditation de Shiné. Si vous n'avez pas de statue, vous pouvez la visualiser. En ce cas, imaginez un trône fait de métaux précieux et serti de Joyaux, soutenu par huit lions des neiges, recouvert de soieries divines, avec dessus une fleur de lotus ; au centre du lotus, un disque de soleil surmonté d'un disque de lune, formant coussins sur lesquels est assis le Bouddha Sakyamouni. Son corps est d'une couleur dorée tellement brillante qu'on peut à peine le regarder. Il a un visage et deux mains ; la main droite dans le geste de toucher la terre symbolise la subjugation des forces obstructrices, la main gauche repose dans son giron, la paume tournée vers le haut, ce qui signifie que son esprit demeure tranquillement en méditation, Son corps porte les 32 marques majeures et les 84 signes mineurs - ce sont par exemple les dessins de la roue à la plante des pieds ou le cercle de poils blancs entre les sourcils. Il porte les trois robes de moine, est assis dans la posture du plein lotus signifiant l'état immuable et ultime, et son corps irradie d'une claire lumière qui pénètre tout l'espace.
Que vous ayez une statue ou que vous visualisiez, vous devez ressentir avec confiance que vous êtes véritablement en face du Bouddha Sakyamouni lui-même ; il a les yeux mi-clos, le regard posé sur vous avec beaucoup d'amour et de compassion. Vous pensez combien fortuné vous êtes de pouvoir vous trouver en présence du Bouddha et de recevoir sa bénédiction. Si vous avez une foi sincère, toutes les préoccupations cessent naturellement et vous restez détendu et tranquille en la présence du Bouddha.
Quand l'esprit devient lourd et somnolent, on doit relever les yeux vers le front du Bouddha. Quand l'esprit est très actif et sauvage, on doit baisser les yeux vers la partie inférieure de son corps : les pieds, le trône et le lotus. Lorsqu'aucun de ces extrêmes ne se manifeste, dirigez simplement votre attention vers le cœur du Bouddha, votre conscience et le Bouddha demeurant indissociablement fondus. Contemplez encore et encore les différentes marques symboliques de son corps et de sa posture ; remémorez-vous sans cesse ses qualités jusqu'à ce que votre foi, respect et dévotion s'embrase comme un feu. Alors son corps change et semble à la fois être fait de lumière et s'agrandir.
Cette lumière vous atteint et transforme votre chair et votre sang en une lumière de même qualité. Votre corps de lumière se fond alors en celui du Bouddha ; la lumière n'est pas jaune mais d'un blanc très pur.
Restez ainsi en méditation pendant quelques temps, l'esprit absorbé dans cette lumière blanche, sans conscience de votre corps physique et sans notion "d'extérieur" et "d'intérieur". Puis graduellement, la lumière blanche tourne au bleu depuis le centre vers la périphérie, jusqu'à ce que la lumière blanche soit complètement remplacée par cette lumière d'un bleu vif. Vous laissez votre esprit absorbé dans cette étendue bleue sans attachement ni saisie. Par ce moyen, vous passez d'une méditation avec effort (visualisant le Bouddha et la lumière blanche) vers une méditation sans effort et sans support dans laquelle l'esprit repose à l'aise dans son état naturel. Cette méditation vous amènera à expérimenter la Claire-lumière de l'esprit comme base de la manifestation et à en réaliser la nature essentielle comme étant le Dharmakaya : vacuité primordiale, libre de toutes projections mentales.
Accomplissant cette pratique diurne, il devient possible de méditer pendant le rêve et de pénétrer la nature de l'esprit qui rêve. Ceci peut être d'une grande aide pour nous délivrer de l'illusion de l'état post-mortem appelé bardo et pour atteindre l'Illumination. Ici la lumière bleue représente le Dharmakaya et agit comme support de méditation au moment de la mort quand se manifeste une expérience similaire : si on est capable de la reconnaître et si on sait comment méditer à ce moment précis, on peut atteindre l'état de Bouddha instantanément.
On peut également maintenir le calme mental à l'aide d'un objet de méditation situé à l'intérieur de son propre corps. Pensez alors que votre cœur / esprit est une bulle de lumière transparente. Au centre apparaît la syllabe PAM qui se transforme en un lotus de la couleur de la divinité sur laquelle on souhaite méditer. Au centre du lotus se tient la syllabe AH blanche qui se transforme en un disque plat de lune. Sur ce disque apparaît la syllabe-germe de la divinité sur laquelle on a choisi de méditer : pour Tchenrézi, c'est la syllabe HRI blanche ; pour Amitabha, la syllabe HRI rouge pour Dorje Tchang ou Sangye Menla, la syllabe HOUNG bleue, etc. Cette syllabe-germe explose en lumière et se transforme en divinité que l'on doit considérer comme étant en essence notre propre lama racine.
Si ce processus de transformation d'une syllabe est trop difficile à accomplir, vous pouvez simplement visualiser la divinité complète apparaissant instantanément. Si vous préférez, vous pouvez méditer votre lama racine sous sa forme humaine, mais vous devez l'imaginer vêtu des 3 robes de moine et dans la posture de Sakyamouni.
Gardez une conscience continue de la visualisation, l'esprit et le corps à la fois détendus et absorbés, Quand vous ne pouvez plus méditer votre lama racine dans tous ses détails, visualisez simplement la bulle de lumière et identifiez votre propre esprit à cette luminosité, ce qui le détendra et l'éclaircira.
Une telle méditation aide la conscience à demeurer focalisée sur un seul objet plutôt que de vagabonder sans but à l'intérieur ou à l'extérieur du corps.
Enfin, vous pouvez utiliser la respiration comme support de stabilisation. Commencez par vous tenir le corps immobile et l'esprit calme et clair. Dans cette clarté, laissez votre esprit se poser doucement sur le mouvement de la respiration, sans l'altérer d'aucune façon, l'esprit et la respiration devenant une seule et même chose. Sans laisser vagabonder votre esprit, comptez les respirations jusqu'à cent, l'attention ne déviant pas du mouvement respiratoire II est important que pendant cette pratique le corps et l'esprit soient détendus et sans contrainte et qu'en aucune manière vous ne tentiez d'interférer avec le mouvement naturel de la respiration.
Ne soyez pas troublés par le nombre des méthodes expliquées ci-dessus ; ce nombre ne doit pas être une entrave à votre choix. Les enseignements du Bouddha proposent une variété de méthodes et de moyens correspondant aux besoins de chaque pratiquant. Dans une bataille, le guerrier efficace porte plusieurs armes sur lui afin de pouvoir faire face à chacune des situations qui se présentent ; pareillement, dans le combat contre les poisons émotionnels on doit disposer d'une panoplie de possibilités pour les contrecarrer.
Par quelle méthode de méditation est-il préférable de débuter ? A vous de décider ; choisissez celle qui vous attire le plus. Lorsque vous pénétrez dans une pièce où sont disposées des chaises de grandeur et de forme différentes, vous ne restez pas debout à discuter où vous devez vous asseoir, vous vous dirigez spontanément vers la chaise qui vous semble la plus confortable.
http://www.dhagpo-kagyu.org/france/enseignements/chemin/medit/index_medit.htm
vendredi 22 juin 2007
Travailler deux heures par jour : moins qu'une utopie, plus qu'une réforme
le dimanche 30 mai 2004 à 12h49 par le Flâneur littéraire
Le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne fais pas dans la nouveauté. Travailler deux heures par jour, livre écrit par un collectif dénommé Adret, date en effet de 1977. Presque aussi âgé que votre serviteur, c'est dire. Pourtant cette vision de la société contemporaine n'a pas pris un gros coup de vieux, juste quelques ridules au coin des yeux.
La première partie du livre présente, compile plusieurs témoignages sur
la vie au travail, le travail en général et le temps consacré, parfois
aliéné à l'entreprise. Cette entrée en matière, bien que révélatrice,
est effectivement un peu vieillote... c'est là qu'on s'aperçoit que les
conditions de travail ont quand même évolué en trente ans (bien que je
sois assez ignorant de la vie des ouvriers actuels, je l'avoue).
La seconde partie est nettement plus intéressante. Les auteurs y
décrivent, chiffres à l'appui (autre détail vieillot, les chiffres des
années 60), une société un peu plus juste et beaucoup plus agréable à
vivre. Il ne s'agit surtout pas d'une société utopique, qui par
définition est parfaite, idéale et quasiment inaccessible, mais bien
d'une société différente,
que l'on pourrait atteindre au prix de changements raisonnables. A
commencer par une réduction volontaire de la production. En ces temps
où la croissance à tout prix est encore le dogme économique, et où la
notion de développement durable (quelque surprenante qu'elle soit)
commence tout juste à poindre dans les domaines agricole et
environnemental, voilà une décision qui ferait du bruit. Elle serait
pourtant indispensable à l'émergence de cette société différente, pour
éviter le gaspillage et la surconsommation ambiants. Il faudrait
également que cette production s'oriente vers une plus grande
durabilité des objets produits (accessible par un surcoût modeste), et
en privilégiant la simplicité (pour que les réparations minimes soient
accessibles aux non-spécialistes).
Mais surtout la mesure-phare de ce changement, qui a donné son titre au
livre, serait la réduction du temps travaillé à deux heures par jour.
Entendons-nous bien, il s'agit du travail qualifié de "lié" par les
auteurs, par opposition au travail "libre". Ce travail lié est la
quantité de travail incompressible nécessaire pour maintenir la
production mentionnée plus haut. En répartissant plus largement cette
quantité de travail, et en affectant la majorité des gains de
productivité à cette réduction, on arrive bien à deux heures par jour.
Eh oui, pourquoi s'arrêter brutalement à 60 ans si l'on travaille une
semaine par mois (autre équivalent des deux heures par jour) ? Le
travail libre, tel que les réparations diverses d'objets usuels dans
des ateliers locaux, ou des activités sociales dans un cadre associatif
par exemple, serait laissé au choix de chacun. Je ne m'étendrai pas sur
le travail agricole, cas particulier qui nécessite un traitement
spécifique.
En bref, il s'agit là d'un concept séduisant. Travailler à temps plein
pendant un an, puis s'occuper à autre chose les trois années qui
suivent... difficile de dire non. Pourtant, je vois mal ce concept
appliqué en France. Il me semble malheureusement trop éloigné de la
pensée capitaliste et individualiste dominante pour voir le jour à
brève échéance. Aucun homme politique n'aurait le cran ne serait-ce que
de proposer un tel modèle et de telles réformes. Elles bouleverseraient
à coup sûr la vie du plus grand nombre. J'ose croire que ce serait en
mieux. Tant pis.
Flânons donc.
http://flaneur.free.fr/index.php/2004/05/30/99-travailler-deux-heures-par-jour-moins-qu-une-utopie-plus-qu-une-reforme
jeudi 14 juin 2007
Pétition contre les publicités ridiculisant les végétariens
Signe que le végétarisme est en plein essor, des sociétés mettent régulièrement en scène des « végétariens » dans des spots publicitaires. Herta et Charal rivalisent d’imagination pour ridiculiser les végétariens et leur choix de refuser l’exploitation et l’abattage des animaux.
Herta vient de relancer son spot publicitaire dans lequel apparaît un pseudo-végétarien, portant un tee-shirt sur lequel on peut lire « je suis végétarien » et qui finit par manger une tranche de jambon. Dans une première campagne de publicité en 2004, de nombreuses personnes, végétariennes ou pas, avaient fait savoir leur indignation. Le BVP (Bureau de la Vérification de la Publicité) ne voyait pas le problème. Que se passerait-il si Herta remplaçait l’inscription du tee-shirt « je suis végétarien » par « je suis musulman » pour leur prochaine campagne ?
Rappelons que plus de 3 millions d’animaux meurent chaque jour, en France, derrière les murs des abattoirs, un fait systématiquement occulté par les publicitaires. Dans les élevages, les animaux vivent un véritable enfer : les porcelets sont castrés sans anesthésie, leur queue et leurs dents sont coupées à vif, les poulets sont ébecqués et vivent entassés dans des hangars d’où ils ne ressortiront que pour aller à l’abattoir pour y être égorgés. La vie des bovins est tout aussi cruelle et injustifiable.
De nombreux végétariens trouvent inadmissible le fait de ridiculiser leur choix de ne plus manger d’animaux exploités, puis tués pour un simple plaisir gustatif, et demandent l’arrêt de ce type de spots publicitaires.
Cette pétition lancée par « Mangez Végétarien » sera adressée aux différents organismes (BVP et CSA) ainsi qu’aux médias (M6, TF1...) diffusant ces publicités.
En plus de cette pétition, nous vous encourageons à vous manifester auprès des organismes responsables de la diffusion de ces publicités, afin de ne pas permettre à des sociétés de ridiculiser des végétariens pour vendre la chair d’animaux ayant vécu une vie de misère.
pour plus d'infos et signer cet appel : http://www.mangez-vegetarien.com/petition-publicite.html
vendredi 8 juin 2007
hausse TVA ?!!!
LEMONDE.FR | 08.06.07
Qui va profiter du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt ?
Avec
l’instauration d’un crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt, le
gouvernement gaspille l’argent public au profit des couches aisées.
L’explication à travers 4 exemples.
à lire sur L'Observatoire des inégalités - http://www.inegalites.fr
mardi 5 juin 2007
Agriculture Biologique et lutte contre le réchauffement climatique
Dominique Guillet
* Télécharger l'article en PDF
* Télécharger le rapport de la FAO de mai 2007 sur l'Agriculture Biologique
La FAO vient d’annoncer officiellement, lors de son dernier congrès, en début mai 2007, que l’Agriculture Biologique peut nourrir toute la planète!
Selon la FAO, non seulement l’Agriculture Biologique peut-elle nourrir
la planète entière mais, en plus, sans impact sur l’environnement et en
limitant considérablement la problématique du réchauffement climatique.
Comment les différents gouvernements vont-ils réagir face à une telle assertion?
De deux choses l’une:
1. Ou la direction de la FAO a perdu complètement la tête et ses
experts ont succombé à une crise de passéisme aigu ou bien ont été
soudoyés par une puissance occulte qui cherche à détruire les
fondements de la société occidentale, moderne, progressiste et
civilisée. Dans ce cas, il semble extrêmement urgent que les états
membres cessent immédiatement de financer cette institution
internationale dont les ramifications s’étendent sur toute la planète
et qui risquent de déstabiliser le monde civilisé. En effet, la FAO, ou
Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture,
est une organisation représentant 189 États membres (plus la Communauté
Européenne): elle est financée par les contributions de ses membres et
elle emploie 3600 personnes sur toute la planète.
2. Ou bien la FAO a totalement raison. Et cette possibilité donne froid
dans le dos car elle implique que depuis 60 années, les multinationales
de l’agro-chimie avec la complicité de certaines administrations
corrompues au sein des états, ont délibérément menti et ravagé la
sphère planétaire en promouvant une agriculture hautement toxique qui a:
- empoisonné l’humanité et les animaux domestiques avec des milliers de pesticides.
- empoisonné les nappes phréatiques et les cours d’eau.
- détruit la quasi-totalité de la biodiversité alimentaire.
- produit une alimentation exempte de substances nutritives.
- instauré une insécurité alimentaire généralisée, en particulier dans les pays pauvres.
- détruit la petite paysannerie.
- détruit les forêts tropicales pour installer des monocultures.
- provoqué une érosion irréversible et des processus de désertification planétaire.
- épuisé les ressources en eau.
- libéré de très grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère.
Si la FAO a raison, on comprend pourquoi le président de l’Académie
Nationale des Sciences, Roger Heim, déclara en 1963, dans sa préface à
la traduction française de l’ouvrage de Rachel Carson “Le Printemps
Silencieux”: «
On arrête les “gangsters”, on tire sur les auteurs de “hold-up”, on
guillotine les assassins, on fusille les despotes - ou prétendus tels -
mais qui mettra en prison les empoisonneurs publics instillant chaque
jour les produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à
leurs imprudences?»
Qui mettra en prison les empoisonneurs publics?
En attendant de trouver une réponse, que nous espérons rapide, à cette
question essentielle, faisons le point sur les déclarations de la FAO
qui constituent une véritable déclaration de guerre à l’agrochimie.
Selon cette institution vénérable, les avantages de l’Agriculture
Biologique sont innombrables. En effet, cette forme d’agriculture
respectueuse de l’environnement permet:
- de nourrir toute la planète avec des aliments sains, hautement nutritifs et exempts de poisons.
- d’économiser les réserves en eau.
- de limiter l’érosion des sols et de permettre une percolation totale des eaux de pluie.
- de préserver la biodiversité alimentaire en gardant précieusement les
variétés traditionnelles qui sont plus résilientes et donc plus
capables de s’adapter aux bouleversements climatiques.
- de générer des circuits courts et de promouvoir la sécurité alimentaire.
- de sauvegarder la petite paysannerie traditionnelle.
- de régénérer l’agro-foresterie traditionnelle.
- de lutter contre le réchauffement climatique en supprimant les
fertilisants chimiques et les pesticides et en fixant le carbone dans
le sol de par sa teneur augmentée en matière organique.
- etc.
L’agriculture va être un des secteurs les plus fragilisés par des
bouleversements climatiques drastiques alors que les glaciers fondent,
que les températures montent, que certains océans ne peuvent plus
absorber le CO2 et que les réserves alimentaires de la planète sont au
plus bas suite à des sécheresses répétées, à une pénurie généralisée en
eau douce et à la promotion des nécro-carburants.
Quelle est la responsabilité de l’agriculture conventionnelle moderne
dans la problématique du réchauffement climatique?
Selon l’agronome Claude Bourguignon, “par le gaz carbonique qu’elle rejette, l’agriculture intensive contribue pour un tiers au réchauffement de la planète.”
Selon Jean-Marc Jancovici, “si
l’on tient compte de tous les gaz à effet de serre pris en compte dans
les négociations internationales, et pas seulement du CO2, alors la
répartition change : c’est l’agriculture qui arrive en tête! ( avec 26
%). Cela est notamment dû aux émissions de gaz dits mineurs (CH4, N2O)
qui sont respectivement dus à l’élevage bovin et à l’utilisation des
engrais”.
Certains spécialistes des sols
considèrent que la perte d’1% de matière organique dans le sol équivaut
à une libération de 20 tonnes de dioxyde de carbone, ou CO2, par
hectare. Ainsi, la perte de matière organique dans les grandes plaines
des USA, depuis le début de son agriculture, a t-elle générée plus de
CO2 que toutes les automobiles produites dans ce pays!
Selon le Professeur Pimentel de l’Université de Cornell aux USA (un
spécialiste de l’érosion de sols), l’agriculture intensive US libère
tous les ans 420 millions de tonnes de CO2 (sur les 6 milliards de tonnes libérées annuellement dans le pays ).
Selon le CITEPA
en France, l’agriculture et la sylviculture seraient responsables à
hauteur de 16% des 534 millions de tonnes de CO2 libérées dans
l’atmosphère en 2005, à savoir 86 millions de tonnes de CO2.
Non seulement les sols de l’agriculture intensive ne peuvent-ils plus
stocker le CO2 mais, en plus, ils en sont une source considérable.
Pourquoi? Tout simplement parce qu’ils sont morts. Selon l’agronome
Français Claude Bourguignon:
“Sur l’ensemble de l’Europe, environ 90% de l’activité biologique des
sols cultivés a été détruite par l’agriculture intensive. Je dis bien :
détruites. Les zones les plus ravagées sont l’arboriculture et la
vigne. Or l’activité biologique des sols est indispensable pour
l’écosystème. Le sol est une matière vivante : sur trente centimètres
d’épaisseur, il concentre 80 % des êtres vivants de la planète. Les
vers de terre, à eux seuls, pèsent plus lourd que tous les autres
animaux du monde réunis. Mais les sols abritent aussi des bactéries,
des champignons et une myriade d’organismes qui se nourrissent de la
matière organique. Or en Europe, le taux de matière organique du sol
est passé de 4% à 1,4% en cinquante ans...
En France, 60 % des sols sont frappés d’érosion. Actuellement, nous perdons en moyenne quarante tonnes de sol par hectare et par an.”
En fait, certains sols betteraviers en France, par exemple, perdent 100
tonnes de sol par hectare et par an. Cela signifie qu’il faut 2000 ans
pour réparer 20 années d’agriculture intensive betteravière si on
laisse la nature reprendre ses droits.
L’agriculture intensive moderne est génératrice de cancers, de désertification et de réchauffement climatique.
L’Agriculture Biologique offre-t-elle réellement la possibilité de réduire le réchauffement climatique?
Il faut se tourner vers les USA et le Rodale Research Center
au coeur de la Pennsylvannie pour obtenir une réponse étayée
scientifiquement à cette question. Le Rodale Research Center a mis en
place en 1981 une expérimentation portant sur 3 terrains cultivés: le
premier en agriculture conventionnelle chimique, le second en
agriculture biologique avec légumineuses et le troisième en agriculture
biologique avec fumier. Il a publié ses premiers résultats au bout de
23 ans en 2003:
- aucune augmentation de carbone dans le sol du terrain en agriculture chimique.
- une augmentation de carbone variant de 15 à 28 % dans les deux autres
terrains, la plus grande augmentation étant obtenue avec le fumier.
Le Rodale Research Center en déduit la capacité de fixer par année et par hectare 3,7 tonnes de CO2
en agriculture biologique. Et ce sans prendre en considération les
réductions en émissions de CO2 dues aux besoins énergétiques inférieurs
de l’agriculture biologique que le Professeur David Pimentel, de
l’Université de Cornell dans l’état de New-York aux USA, estime à 63%
des besoins énergétiques de l’agriculture chimique.
Selon ces calculs, si la totalité de la surface agricole US, (à savoir
200 millions d’hectares) était reconvertie à l’agriculture biologique,
cela annulerait les émissions de CO2 de 158 millions d’automobiles US
chaque année.
La surface agricole française s’étend sur 33 millions d’hectares (à
savoir 60 % du territoire), dont 62 % sont occupés par des terres
arables et plus du tiers par des prairies permanentes.
Pour
la France, selon ces mêmes données, la reconversion à l’agriculture
biologique des 20 millions d’hectares de terre arable générerait une
fixation de l’ordre de 74 millions de tonnes de CO2 alors que
l’agriculture conventionnelle et la sylviculture sont créditées
actuellement d’une émission de 86 millions de tonnes de CO2.
La British Royal Society a estimé que le 1,2 milliard d’hectares de
terre arable de la planète pouvait séquestrer de 6,1 à 10,1 milliard de
tonnes de CO2, à condition bien sûr de pratiquer des formes
d’agriculture durable.
L’écrivain agricole Australien Grame Sait estime que “si
nous pouvions accroître de 1,6 % la matière organique sur les 8,5 % de
la surface planétaire qui est cultivée, nous pourrions séquestrer sans
problème les 100 ppm supplémentaires de CO2 que l’humanité a libérés
dans l’atmosphère.”
Quant au second gaz
à effet de serre, le protoxyde d’azote ou N2O, nous n’avons pas
d’études précises permettant de chiffrer sa réduction par une
reconversion à l’agriculture biologique. Rappelons que ce gaz est
généré par l’épandage et le processus de dégradation dans les sols des
engrais azotés ainsi que par le tassement des sols lié à un travail du
sol intense.
Quant au troisième gaz à effet de serre, le méthane, ou CH4, il est
généré par la fermentation entérique des ruminants et les fosses à
lisier. Nous serions enclins à remettre en question la consommation
inconsidérée de viande dans les pays occidentaux. La consommation de
viande, au niveau planétaire, rappelons-le, est passée de 44 millions
de tonnes en 1950 à 265 millions de tonnes en 2005. Et cette tendance
ne fait que s’amplifier.
Rappelons également qu’il faut, en agriculture intensive, près de 100 000 litres d’eau
pour produire 1 kilo de viande de boeuf et que l’Amérique latine est
ruinée par la culture du soja transgénique pour produire de la viande
consommée par les nantis de la planète.
En
conclusion, s’il est vrai que le CO2 n’est pas le seul gaz à effet de
serre imputable à l’agriculture intensive, il reste que sa
séquestration par l’agriculture biologique permet non seulement de
limiter le réchauffement climatique mais accroît aussi de façon
incroyable la fertilité des sols. Nous ne pouvons pas développer cet
aspect dans le cadre limité de cet article mais nous pouvons d’ores et
déjà renvoyer le lecteur à une technique amazonienne connue sous le nom de Terra Preta, que l’antenne de Kokopelli a pu expérimenter dans le sud de l’Inde avec des résultats spectaculaires et qui permet de plus de “séquestrer” le carbone sur de très longues périodes de temps.
On ne peut que remercier la FAO pour ses prises de position radicales
quant à la nécessité de reconvertir l’agriculture à des pratiques
écologiques. Il est vrai qu’il lui a fallu quelques dizaines d’années
pour en arriver à cette conclusion!
Les documents de travail que la FAO vient de publier lors de son
congrès international de mai 2007 sur l’Agriculture biologique
constituent une base de travail excellente pour toute institution
désireuse sincèrement de mettre en place une agriculture durable.
Nous ne doutons pas que le gouvernement de Messieurs Sarkozy-Juppé,
dans le cadre de sa révolution écologique, va se saisir de cette
occasion unique pour interdire de suite tous les pesticides, toutes les
chimères génétiques, tous les fertilisants de synthèse et promouvoir la
reconversion de la totalité de la surface cultivée française à des
pratiques d’agriculture biologique.
Et pourquoi pas de promouvoir la protection de la biodiversité
alimentaire, ce qui permettrait à l’Association Kokopelli de respirer
un peu et de ne plus être harcelée de procès à répétition parce qu’elle
distribue des variétés anciennes non inscrites sur le catalogue
national.
Dominique Guillet. Le 1er juin 2007.
source : http://www.liberterre.fr
